Le texte qui suit est la transcription d’une rencontre qui a eu lieu, en mars 2008, à Caracas (Venezuela) avec Miguel et Isabel, membres du collectif de la revue El Libertario
http://acultura.org.ve
http://nodo50.org/ellibertario
[1] Le quartier "23 Janvier" fut le premier quartier HLM construit à Caracas. Il se trouve en hauteur et à un jet de pierre du palais présidentiel, tout près du centre administratif de la capitale. Ce quartier, très populaire et symbolique a été, depuis 50 ans, un haut lieu de contestation et d’affrontements avec les forces de l’ordre. L’action de ses habitants contribua de façon décisive à la chute de la dernière dictature, le 23 janvier 1958... d’où son nom. Depuis, on y remarque une forte présence de groupes politiques de gauche et d’extrême gauche, de groupes culturels et d’associations diverses de vie de quartier.
[2] Une "guarimba" est une cache et par extension une réunion clandestine de "malfaiteurs". Dans le langage chaviste, le terme "guarimbero" s’applique à tous ceux qui, pour une raison ou une autre, protestent bruyamment contre la situation. En les traitant de la sorte, on sous-entend qu’il s’agit d’éléments subversifs déguisés en honnêtes citoyens, ou encore d’individus manipulés par l’opposition.
[3] A la suite du coup d’état manqué d’avril 2002, le gouvernement de Chavez a lancé le programme des "misiones" ("missions" en français). Il s’agit de programmes de grande envergure ciblés sur l’amélioration de divers aspects de la vie sociale des couches les plus défavorisées, en particulier dans le domaine de la santé, l’éducation et le ravitaillement alimentaire. Ces "misiones" sont organisées et directement financées par l’entreprise pétrolière d’Etat, PDVSA. Elles fonctionnent hors du contrôle des services des ministères correspondants et ne sont soumises, même formellement, à aucun contrôle parlementaire.
[4] La "mision Barrio Adentro" ("mission au coeur du quartier") est la mission destinée à augmenter l’attention médicale dans les quartiers pauvres ou à la campagne (médecine préventive). Cette mission se base, entre autres, sur des Centres de santé, en fait des cabinets médicaux d’accès gratuit avec une permanence de médecins qui sont hébergés dans le quartier. La grande majorité de ces médecins sont des Cubains (plus de 20000) mis à la disposition du gouvernement de Chavez par l’Etat cubain, qui reçoit en contrepartie du pétrole. Un nombre indéterminé de ces médecins a depuis disparu dans la nature… certains ayant trouvé refuge en Colombie. Un modèle particulier d’habitat a été conçu dans le but d’abriter sous un même toit le cabinet médical et le logement du/des médecins. Plusieurs milliers de ces bâtiments ont vu le jour au sein des quartiers des grandes villes.